
Minos est une excellente surprise. Dans ce rogelite / tower defence, on incarne Astérion, le légendaire Minotaure de la mythologie grecque. A l’aide de l’architecte Dédale, il devra défendre son antre contre des vagues d’aventuriers. Le jeu, développé par Artificer et édité par Devolver Digital, repose sur une idée simple mais redoutablement efficace : construire un labyrinthe, y placer des pièges, puis regarder les intrus s’y faire broyer.
Minos rappelle forcément un peu Dungeon Keeper : on creuse, on organise son territoire, on pense comme un monstre. Chaque strate demande d’anticiper le trajet des ennemis, de modifier les couloirs, d’installer des pièges et de créer des réactions en chaîne aussi efficaces que cruelles. La boucle est divisée en deux temps : une phase de préparation, où l’on aménage le dédale, puis une phase d’action en temps réel. Dans cette partie, les ennemis avancent selon leur trajectoire prédéfinie et déclenchent les pièges placés sur leur chemin. Quand tout s’enchaîne à merveille, le titre procure une satisfaction sauvage. Le sang coule à flot, alors que les corps démembrés jonchent le sol. Un régal.






Le vrai danger, c’est l’antre. Si les ennemis l’atteignent, ils peuvent pister Astérion. Et si Astérion meurt, c’est le retour à la case départ. Mais en conservant une partie de l’expérience acquise. On peut ensuite améliorer ses compétences, débloquer des raccourcis, et tout devient plus fluide, et plus fun. Je n’ai pas encore réussi à dépasser la 9e strate, mais c’est justement ce qui rend le jeu si accrocheur : chaque échec donne l’impression qu’on aurait pu mieux faire. Mieux placer un piège, mieux détourner une vague et mieux préparer son labyrinthe. Plus on avance, plus les ennemis sont variés. Il faut donc ruser pour optimiser au maximum l’efficacité des pièges. Car si Astérion est doté d’une force exceptionnelle, il ne fera pas le poids contre un groupe d’aventuriers soutenu par un héros.

L’un des grands plaisirs de Minos réside dans l’inversion de la perspective. Ici, on ne vient pas tuer le monstre : on est le monstre. Et franchement, ça fait du bien. Le jeu assume pleinement ce fantasme, avec un ton cruel, malin, gore et jubilatoire.
Minos est incroyablement addictif, lisible, nerveux, et porté par une boucle de gameplay qui fonctionne immédiatement. C’est un titre que je recommande chaudement aux amateurs de roguelite, de tower defense et de jeux où l’on préfère construire le piège plutôt que de tomber dedans. Un véritable coup de cœur.
Test réalisé par Florian